Centre de Ressources

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Préserver et partager les terres agricoles
Récolte
Recueil d’initiatives foncières

Les vignes-relais de la côte roannaise (42)

Mettre à disposition un outil de travail pour se tester
juillet 2020
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Depuis 2007, la communauté de communes de la côte roannaise met à disposition de jeunes vignerons hors cadre familial 2 hectares de vignes productives, grâce auxquelles ils peuvent réaliser une installation progressive. Ce dispositif, unique en son genre, est une réponse innovante au problème de l’accès au foncier viticole.

Situation

Saint-Haon-le-Châtel
(42)

Situé dans la vallée de la Loire, le vignoble de la côte roannaise compte une trentaine de vignerons pour un peu plus de 200 hectares en appellation d’origine contrôlée (AOC). Dès les années 80, la préservation du foncier viticole est au cœur des préoccupations de la profession et des élus. Les surfaces régressent, menacées d’une part par la fermeture du milieu, à mesure que les vignes arrachées deviennent des terres incultes, d’autre part par la pression de l’urbanisation qui s’accentue. En 1995, l’association vinicole roannaise (AVR) met en place son premier Programme Intégré de Développement Agricole (PIDA) en concertation avec les collectivités, pour aider au développement du vignoble des côtes roannaises. Il comprend plusieurs axes, parmi lesquels la préservation du foncier et l’installation de jeunes vignerons.

2003 : L’idée d’une « vigne relais » est présentée aux élus

2005 : Signature d’une convention tripartite collectivités/SAFER/ ADASEA

2007 : Acquisition de 3 hectares de vignoble

2012 : Remise en état et plantation d’1,6 hectares

Des freins à l’installation relevés par la profession

Le Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) de Roanne propose une formation en viticulture. De jeunes candidats à l’installation se retrouvent sur le secteur et sont confrontés aux difficultés d’entrer en activité : les terres disponibles sont rares et plantées avec des cépages de mauvaise qualité à arracher et replanter. Or, cela représente un investissement important pour les porteurs de projet, la plupart du temps hors cadre familial. En outre, les premières vendanges ne peuvent être réalisées qu’à partir de la troisième année de plantation. L’idée d’une « vigne-relais » est  alors présentée au conseil d’administration de l’AVR. Elle consiste à mettre à disposition d’un porteur de projet quelques hectares productifs pour tester son activité et réaliser une vinification dès la première année. Ce dispositif lui laisse le temps d’acquérir du foncier et éventuellement de le réhabiliter (plantation de cépages de qualité).

Des élus porteurs qui concrétisent le projet de vignes-relais

La première étape est de convaincre la profession viticole de l’intérêt d’une telle initiative. Soutenue par l’AVR, le projet est ensuite présenté aux élus des communautés de communes de la côte roannaise (CCCR) et de l’ouest roannais (CCOR) qui s’en emparent. En 2006, sur la commune de Saint-Haon-le-Vieux, une exploitation productive de 12 hectares est en vente. 9 hectares sont rachetés par un vigneron et un peu plus de 3 hectares sont identifiés pour servir de vigne-relais. La CCCR se porte acquéreur du foncier et demande à la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) de stocker le bien le temps de finaliser le montage juridique. La CCOR apporte un soutien financier par le biais d’un fonds de concours. Le coût de l’acquisition se porte à 57 000 € dont 60% est pris en charge par les collectivités et 40% par la région Rhône-Alpes dans le cadre du PIDA de l’association AVR. En 2007, la SAFER rétrocède les terres à la CCCR qui assume également des frais de remise en état.

Un dispositif qui allie installation progressive et accompagnement de jeunes vignerons

Dès la première année, la CCCR met à disposition de jeunes vignerons 1,4 hectares productifs. Ils peuvent en disposer pour une durée de 3 à 5 ans via une convention d’usage temporaire en contrepartie d’une redevance d’environ 720 €/hectares/an. Une commission est créée, rassemblant un élu, un vigneron professionnel et une technicienne de la chambre d’agriculture (CA) mise à disposition de l’AVR. Ils assurent la sélection des candidats et leur suivi. Un cahier des charges est établi pour s’assurer des conditions de culture de la vigne et un appui technique individuel est assuré par la CA. Parallèlement, les jeunes agriculteurs peuvent bénéficier des structures collectives mises en place par la profession (Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole) et d’un parrainage.

5 jeunes vignerons ont bénéficié du dispositif dont quatre se sont déjà installés sur le secteur.

Les “vignes relais” sont le seul dispositif d’accompagnement à l’installation progressive en viticulture connu à ce jour.

Je me suis dit qu’il faudrait que les jeunes qui s’installent hors cadre familial aient rapidement une production sur des vignes de bonne qualité, pour se tester et être capable de vendre du vin dès la première année.
François CHABRÉ, Association vinicole roannaise

La présence d’une association de producteurs concernée par l’avenir de son vignoble.

Des collectivités locales réactives.

La mobilisation des acteurs locaux : vignerons, CFPPA, chambre d’agriculture.

La crise du secteur viticole rend difficile l’installation agricole faute de débouchés, elle a en partie entraîné la fermeture de la formation viticole du CFPPA de Roanne et moins de candidats se présentent pour bénéficier du dispositif.

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Oui
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