Centre de Ressources

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Préserver et partager les terres agricoles
RECOLTE
Recueil d’initiatives foncières

Les fermes urbaines multi-services de Grande-Synthe (59)

Installer des maraîcher·es en agriculture biologique sur des terres en propriété de la ville.
février 2021
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La Ville de Grande-Synthe propose la création de « fermes-urbaines multi-services » qui répondent à plusieurs ambitions : faciliter l’accès à la terre pour de nouveaux exploitant·es, créer ainsi des emplois locaux non délocalisables, promouvoir et renforcer l'agriculture biologique ainsi que les filières courtes, et approvisionner les cantines scolaires.

Situation

Grande-Synthe
(59)

La Ville soutient un système alimentaire durable et solidaire. Depuis 2011, les repas des cantines sont 100% bio et les prix oscillent entre 0,48 et 1,80€. En parallèle, l'Atelier Université Populaire mène de nombreuses actions avec les habitants. Il accompagne 6 jardins potagers en pied d'immeuble avec 170 foyers de la ville, invite des spécialistes de l'agroécologie, etc.

Pour poursuivre son engagement, la Ville souhaite relocaliser l’approvisionnement des cantines et créer des emplois locaux agricoles. 8,5 ha de terres cultivées seraient suffisants pour répondre à la demande en légumes frais et servir 700 repas par jour. Elle lance alors un projet de création de fermes-urbaines dites « multi-services » pour leurs trois fonctions : la production alimentaire, la formation des paysans, avec le développement de compétences en agroécologie et un aspect pédagogique pour les habitants.

Juin 2017 : Acquisition par la commune de 9.7 ha au Nord de la Ville

Avril 2018 : 1er appel à candidature et installation de 3 maraîchers

Février 2019 : 2ème appel à candidature et installation de 3 maraîchers

Octobre 2020 : Premiers Baux Ruraux Environnementaux signés avec les maraîcher·es pour une durée de 9 ans.

C’est en 2016 que jaillit l'idée de fermes-urbaines multi-services, suite aux réunions organisées avec de nombreux acteurs locaux. Il faut alors trouver le terrain. Un diagnostic foncier est réalisé et permet d’identifier 25 ha de terres mobilisables pour le projet. La Ville est déjà propriétaire de la moitié de la surface et procédera à un achat progressif des autres parcelles disponibles. L’association Terre de Liens NPDC intervient dans la recherche et la mobilisation de ces pistes foncières et organise des visites de site. 9,7 ha appartenant à un agriculteur retraité sont repérés au Nord de la commune. La Ville préempte et doit présenter ses motivations à la Safer. La municipalité finit par acquérir les parcelles au printemps 2017. La Safer est associée au projet.

La Ville lance son premier appel à candidature (AAC) en avril 2018 sur 8,5 ha propices à du maraîchage biologique. Audrey, Bastien et Gérald sont les trois candidats retenus par un jury regroupant des partenaires institutionnels et associatifs. Un deuxième AAC est lancé en 2019 sur 5 ha et trois autres maraîchers s’installent : Clotilde, Thomas et Paul.

La Safer valide les candidats choisis par le jury. Elle propose une convention de mise à disposition des terres aux fermières et fermiers. Pendant ces premières années, ils sont accompagnés par une couveuse d’activité. L’objectif de la Ville est de pérenniser ces installations en établissant ensuite des Baux Ruraux Environnementaux (BRE). C’est aujourd’hui le cas pour Audrey, Bastien et Gérald, deux ans après leur arrivée.

Les terres restent propriété de la ville et sont réparties entre les maraîchers. Par contre, les bâtiments (hangars et chambres froides) se prêtaient à un usage commun, il fallait les mutualiser. La commune prend en charge de nombreux aménagements (irrigation, rénovation des serres et des chambres froides) et accompagne avec ses partenaires la structuration d’un collectif.

L’objectif initial était de permettre l’approvisionnement des cantines scolaires. Cependant, il semble que, malgré la volonté des maraîcher·es installé·es, cela occupe encore une place minoritaire dans la commercialisation de leurs produits. Les commandes des cantines sont pour eux trop imprévisibles, alors que du point de vue des cantines, les maraîchers semblent proposer de trop petites quantités. C’est donc un processus long à mettre en place et qui demande un ajustement des deux parties. C’est pourquoi la Ville, aidée par ses partenaires, travaille à la fois avec les responsables des cantines et les maraîcher·es pour trouver un équilibre.

6 maraîcher.es ont été installés sur deux sites, 12,5 ha ont été convertis à l’agriculture biologique (AB). La part de la SAU en AB est ainsi portée à 37 % sur la commune. Ces agriculteur·ices privilégient la vente directe, les marchés, épiceries locales ou les plateformes en ligne.

Ces installations correspondent au souhait de la Ville de créer des fermes urbaines alliant une fonction de production en circuits courts, une fonction de formation aux techniques agricoles alternatives et une fonction pédagogique. Elles sont devenues un projet pilote soutenu par la Communauté Urbaine de Dunkerque qui a pour objectif d’essaimer sur le territoire.

Ce choix de vie est né d'une prise de conscience : celle du changement climatique et surtout de l'envie de prendre part à l'avènement d'un nouveau modèle de consommation. Dans notre profession, le problème majeur est l'accès à la terre car le prix de l'hectare est inaccessible pour nous. A Grande-Synthe, ce verrou a été levé.
Thomas Delaeter et Clotilde Vanhille (candidats sélectionnés du 2nd appel à candidature)
  • Une volonté politique forte de la ville et des élus sur plusieurs années. Ils ont mobilisé des moyens financiers (aménagement des biens agricoles) et humains (recrutement d’une chargée de projet)
  • Une équipe de projet multi partenaires avec des acteurs du monde agricole et de la filière bio.
  • Un appel à candidature clair et complet qui permet une adéquation entre les candidat·es sélectionné·es et les attentes de la commune sur le volet production, comme sur le volet pédagogique.
  • Travaux importants sur les parcelles en propriété de la Ville (services internes ou prestataires) pour mettre à disposition un outil de travail fonctionnel.
  • Temps et accompagnement par un tiers nécessaire à la création d’un collectif (mise en commun de matériel, entraide pour les gros travaux, etc.), et pour éviter la concurrence.
  • Inadéquation entre les habitudes de la restauration collective et celles de petites exploitations agricoles. Un travail de concertation est nécessaire.
  • Accord à trouver avec la Safer, plutôt réservée au début du projet.
  • Partager avec davantage d'habitants les enjeux de l'alimentation durable : participation à la construction d'un système alimentaire local qui leur convienne.
  • Mise en place envisagée d’une plateforme logistique d’approvisionnement bio et local.
  • Construction d’une charte de partenariat entre maraîchers.
  • Travail avec les services de la restauration collective de la Ville et les maraîcher·es pour favoriser l’approvisionnement local de la restauration collective.
  • Mise à disposition envisagée des 13 ha restants appartenant à la commune à des porteurs de projet en Agriculture Biologique.
866
Oui
Animation foncière,Bail rural environnemental,Convention de mise à disposition,Diagnostic foncier,Ferme communale ou intercommunale,Portage foncier,Veille foncière

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