Centre de Ressources

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Préserver et partager les terres agricoles

Terres Citoyennes Albigeoises

18/09/2025
07/11/2025

Infos synthétiques sur l’IFAC

Occitanie
Albi
16.6
Oui
Société coopérative
2025
Non
Bail environnemental (BRE)
l’IFAC accueille diverses activités en son sein

Infos synthétiques sur la ou les fermes concernées par l’IFAC

terres-citoyennes-albigeoises
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Maraîchage, Pépinière fruitière, Céréales/Boulange paysanne, Poules pondeuses
À Lescure d'Albigeois, un collectif de citoyen·ne·s s'organise pour la résilience alimentaire de leur territoire en prônant l'autogestion et l'intelligence collective.

Avec la création d'une association puis d'une foncière, Terres Citoyennes Albigeoise cherche à resserrer les liens entre le monde agricole et la communauté urbaine d'Albi, afin de préserver et transmettre des terres agricoles et d’y installer des paysan·nes.

Fin 2017, des citoyen·nes, issu·es des mouvements des Incroyables comestibles, des Villes en transition et du réseau des AMAP du Tarn, ont décidé de mieux relier leurs initiatives et d’aller plus loin vers la résilience alimentaire. Ils ont créé l’association « Albi Ville Comestible », alors hébergée à la MJC d’Albi, ayant pour objet de « Fédérer les initiatives et acteur·rices de l’agriculture urbaine en Albigeois pour construire ensemble la résilience alimentaire locale ».

Le contexte institutionnel est favorable, car la plaine s'insère dans une zone d'Aménagement Différé de 138 ha dont l'objet est la protection de la vocation agricole et naturelle, intégrée au Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI). Le diagnostic réalisé pour la révision du PLUI de la communauté d'agglomération de l'Albigeois a montré l'enjeu du renouvellement des actif·ves agricoles : un quart des exploitant·es seront en âge de prendre leur retraite en 2025, et deux tiers de ces paysan·nes n'ont pas de successeur·es connu·es.

Le projet de la SCIC vise à proposer des réponses face à ces constats, en menant des opérations test, exemplaires et reproductibles.

La création de la SCIC Terres Citoyennes Albigeoises est née de la volonté de citoyen·nes et d'acteur·rices du territoire, notamment d’Albi Ville Comestible, d’agir pour la résilience alimentaire du territoire albigeois.

La rencontre avec Marion et August, jeunes maraîcher·ère·s ayant mis à disposition un lieu permanent sur leur ferme, a donné une impulsion à l’association, qui est devenue par la suite la SCIC Terres Citoyennes Albigeoises.

L’idée de créer une foncière a émergé à la suite de l’opportunité d’acquérir les terres d’un céréalier partant à la retraite, afin de les affecter à une vocation maraîchère.

ag-terres-albiegoises 

Photo : AG de l’association, SCIC et SCEA, Terres Citoyennes Albigeoises (3 mars 2025)

2017

✔️ Création de l'association "Albi Ville Comestible" qui deviendra "Terres Citoyennes Albigeoises".

Février 2019

✔️ Installation du siège de l’association au sein de la ferme maraîchère « la Grange du Serayol », à Lescure d’Albigeois

Novembre 2019

✔️ Création de la SCIC -SA

Décembre 2019

✔️ Obtention de l'agrément ESUS

Septembre 2020

✔️ Lancement de la collecte et acquisition de 15,5ha par la SCIC

Octobre 2020

✔️ Création de la SCEA Terres Citoyennes Albigeoises

Novembre 2020

✔️ Prise à bail de 3,82 ha par la SCEA à à un propriétaire privé.

2021 

✔️  Lancement de la 2eme collecte et début des travaux d'aménagement des parcelles + installation des premiers fermiers de la SCIC sur 1,4ha

L'initiative citoyenne et l'engagement local

✔️  Le projet est né de la volonté de citoyen·ne·s et d'acteur·rice·s locaux·ales, notamment d’Albi Ville Comestible, d’agir pour la résilience alimentaire du territoire albigeois.

La fédération des acteur·rice·s locaux·ales autour d'une problématique commune

✔️  L’association Albi Ville Comestible s’est constituée avec pour objectif de fédérer les acteur·rice·s autour de la question alimentaire et de permettre aux citoyen·ne·s de participer à la réflexion.

La rencontre et l’opportunité foncière

✔️  La rencontre avec Marion et August, jeunes maraîcher·ère·s ayant mis à disposition un lieu permanent sur leur ferme, a donné une impulsion au projet. L’opportunité d’acquérir les terres d’un céréalier partant à la retraite a permis de concrétiser l’idée d’une foncière, redonnant une vocation maraîchère à ces parcelles.

L’acquisition collective des terres grâce à l’épargne citoyenne

✔️  Face à la nécessité d’acquérir rapidement les terres, le financement par l’épargne citoyenne a permis une large mobilisation et un ancrage local fort.

Le choix de la forme juridique de la SCIC

✔️ La Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) a été retenue, car elle permet d’associer des personnes morales et des collectivités locales au capital, tout en adaptant la gouvernance via des collèges.

La création d’une troisième structure : la SCEA

✔️ La Société Civile d’Exploitation Agricole (SCEA), filiale de la SCIC, a pour vocation d’exploiter les terres dans l’attente de l’installation pérenne de paysan·ne·s, tout en engageant la conversion des parcelles en agriculture biologique.

La démarche collaborative dans l’élaboration des baux

✔️ L’élaboration du premier bail en concertation avec les fermier·ère·s et l’intégration des futur·e·s maraîcher·ère·s à la réflexion sur les modalités de mise à disposition des terres témoignent d’une approche collaborative.

La mise en place de moments d’échange ouverts aux citoyen·ne·s

✔️ Ces temps d’échange mensuels permettent de partager les réflexions et d’impliquer la communauté.

Le délai très court pour l’acquisition des terres

L’urgence de l’acquisition a entraîné certaines erreurs dans le processus, certaines décisions devant être prises très rapidement.

La difficile transition des terres céréalières vers du maraîchage

Passer d’une production céréalière à un pôle maraîcher n’est pas simple. Cela implique de transformer les parcelles, d’installer un système d’irrigation et de réfléchir aux circuits de commercialisation, ce qui prend du temps.

Le partage du matériel entre paysan·nes et bénévoles

Le partage du matériel entre les paysan·nes exploitant·es et les associé·es ou bénévoles de la SCIC n’est pas toujours facile. Sylvain, exploitant de la SCEA, souligne les difficultés de mise en place des plannings et les problèmes potentiels si le tracteur n’est pas disponible au moment des semis.

L’élaboration des baux ruraux environnementaux (BRE)

Le premier BRE a été élaboré avec les premiers fermier·ère·s, mais les futurs baux nécessiteront une réflexion approfondie et des ajustements.

La dépendance à l’engagement bénévole et la cohabitation entre le monde associatif et le monde paysan

Faire cohabiter ces deux univers représente un défi permanent.

La gestion repose exclusivement sur des associé·e·s bénévoles à travers des groupes de travail. Bien que cela ne constitue pas une difficulté insurmontable, cela implique une dépendance à l’engagement bénévole pour réaliser de nombreuses tâches (rédaction des baux, programmation des travaux, communication, etc.), ce qui pourrait devenir problématique en cas de manque de disponibilité.

✔️ Acquisition collective de terres agricoles : La SCIC a permis l’acquisition collective de 16,6 ha de terres agricoles, avec une levée de fonds réalisée en moins d’un an.

✔️ Installation de porteur·euses de projets : Deux porteur·euses de projets ont été installé·es sur une pépinière, et trois porteur·euses de projets ont été associé·es à la SCEA.

✔️ Création d’une SCEA : La SCEA a été créée pour porter l’activité agricole en attendant l’installation de futur·es porteur·euses de projets et pour permettre la conversion progressive des terres en agriculture biologique.

✔️ Choix de la forme juridique de la SCIC : La SCIC a été retenue pour deux raisons : elle permet d’associer des collectivités au projet et au capital de la société, et sa gouvernance via des collèges s’adapte à la configuration des acteur·rices impliqué·es.

Pérennisation et changement d’échelle

La SCIC permet de pérenniser le projet et de le faire évoluer, avec l’ambition d’étendre les acquisitions foncières au-delà de la plaine de Lescure et d’organiser l’offre de légumes bio et locaux pour les marchés, y compris la restauration collective.

Renouvellement des actifs agricoles

Le diagnostic pour la révision du PLUI de la communauté d’agglomération de l’Albigeois met en évidence l’enjeu du renouvellement des exploitants : un quart seront en âge de prendre leur retraite en 2025 et deux tiers n’ont pas de successeurs connus.

Solutions test et reproductibles

La SCIC développe des opérations test, exemplaires et reproductibles pour faciliter l’installation de futurs paysans et renforcer la résilience alimentaire du territoire.

Une SCEA pour gérer la transition entre l’acquisition des terres et les installations pérennes

Après la création de la SCIC, la coopérative s’est confrontée au défi de transformer une plaine céréalière en pôle maraîcher. Cela nécessite d’importants investissements sur des parcelles qui ne sont pas encore en agriculture biologique au moment de l’achat. La SCEA a été créée pour entretenir temporairement les terres et engager leur conversion en agriculture biologique.

Elle est composée de six associé·es : deux personnes morales (l’association et la SCIC) et quatre personnes physiques, qui travaillent provisoirement les terres en attendant l’installation des futur·es maraîcher·ères.

La SCEA a également permis d’offrir une solution temporaire à deux paysan·nes boulangers, non issu·es du milieu agricole, confronté·es aux difficultés d’accès au foncier. Ne souhaitant pas devenir fermier·ères de la SCIC à terme, ils ont pu utiliser la SCEA comme un espace test pour consolider leur projet en attendant de trouver leurs propres terres.

Terre de Liens Midi-Pyrénées a accompagné l'association dans sa transformation en SCIC.

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Antoine de Saint-Exupéry

Terre de Liens est un mouvement citoyen, reconnu d'utilité publique, qui œuvre pour préserver les terres agricoles, faciliter l’accès des paysans à la terre et développer une agriculture biologique paysanne.