Association des Ami-es de la ferme de Rosière
Réponse à la problématique du bâti, des prix pour tous et la création d'un outil de travail décapitalisé
Infos synthétiques sur l’IFAC
Infos synthétiques sur la ou les fermes concernées par l’IFAC
Le projet s’est créé afin de permettre l’installation de 2 paysannes boulangères, suite à ce que trois sœurs héritières de la ferme de Rosière souhaitent qu’une activité agricole biologique perdure. En 2022, 16 hectares des terres sont achetées par Terre de Liens mais cela ne suffira pas. Par la suite, l’association des Ami·es de la ferme de Rosière est montée pour acheter les bâtiments de la ferme. Après le départ d’une des boulangères, deux maraîchères vont venir s’installer à leur tour.
Trois sœurs héritent de la ferme de Rosière et souhaitent qu’une activité agricole soit maintenue sur les terres de leurs parents, engagés dans des pratiques d’agriculture biologique dès les années 1970. Elles veulent éviter que les terres partent pour l’agrandissement de fermes et préfèrent que ça reste une entité. Le contexte est tendu car les voisins font pression pour l’acquisition des terres. Elles contactent Terre de Liens, qui propose d’acheter les 16 Ha de terre et se saisit de la vente. La période d’instruction se met en place, cependant, c’est un cas où il n’y a pas encore de porteuses de projet. En parallèle de cette recherche, les bénévoles et les propriétaires se rendent devant le maire de la commune pour lui présenter le projet et obtenir son soutien afin d’établir un ancrage territorial fort.
Concernant l’acquisition par Terre de Liens, le contexte est particulier car les bénévoles sont très actifs en Rhône-Alpes. La période d’instruction va commencer avant même d’avoir trouvé les porteuses de projet et les bénévoles réalisent un diagnostic plutôt positif. Ce n’est pas tout à fait le cas pour la foncière. Il faut donc trouver un moyen pour acheter le bâti.
Une première phase de diagnostic sur les terres avec l'appui de de Terre de liens
Concernant la recherche des porteuses de projet qui feront vivre la ferme, le profil de Marie et Hélène est finalement retenu sur Objectif Terre, puis présenté à la mairie. La foncière Terre de Liens est ensuite venue sur place et se prononce contre l’achat du bâti qui est trop cher et trop délabré. Cela fait déjà un an que la procédure est en marche et cela devient urgent de vendre pour les propriétaires. Finalement, la foncière propose d’acheter seulement les terres, ce qui donnera lieu à un débat et des négociations, les propriétaires ne voulant vendre que 10 Ha, Terre de Liens parvient à en acheter 14.
La priorité devient alors une fois les terres achetées par Terre de Liens, que les bâtiments ne soient pas revendus. En effet, il s’agit de garantir la pérennité de l’activité agricole. Une autre problématique va alors se poser, concernant le bâti car il y a une volonté d’empêcher le risque de spéculation. Il s’agit de créer une structure pour acheter le bâti et s’engage alors une réflexion sur les différents modèles juridiques. Entre-temps, des liens très forts se sont créés entre les 2 porteuses de projet, les bénévoles et les propriétaires, ce qui donnera naissance à l’association des Ami·es de la ferme de Rosière.
La création de deux autres associations pour répondre à la problématique du bâti et pérenniser l'activité de la ferme
Avant d’opter pour la création d’une association, le projet s’est fait accompagner par Cerfrance. Une fois l’association des Ami·es constituée, la collecte de fonds est lancée et les 2 porteuses de projet sont parvenues à réunir les 300 000 euros nécessaires à l’achat du bâti, en mobilisant leur réseau et tout ceci en 1 mois et demi. La campagne est faite avec l’idée que ce sont des prêts, puisqu’il s’agit d’apports avec un droit de reprise. Elles font aussi le choix d’un bail emphytéotique de 30 ans, ce qui permet une certaine stabilité. Dans la foulée, une deuxième association est créée, “La ferme de Rosière” qui est cette fois gestionnaire.
2020: Les héritières de la ferme de Rosière entrent en contact avec Terre de Liens car elles refusent de voir partir la ferme à un agrandissement.
2021: Le projet d’Hélène et Marie, paysannes boulangères est retenu pour faire vivre la ferme de Rosière.
2022: Finalisation de l’acquisition des 16 ha par Terre de Liens et évolution du projet agricole avec l’arrivée de Marie-Lou et Sonia en maraîchage.
Eté 2022: Création de l’Association les Ami·es de la ferme de Rosière.
Septembre 2022: Acquisition des bâtiments par l’association des Ami·es.
Août 2024: Chantier collectif et restauration de la toiture du grand bâtiment.
- Mobilisation très forte et rapide pour collecter des fonds pour l’acquisition du bâti par l’association, notamment grâce au réseau des porteuses de projet
- Volonté locale du maire de Ruy-Montceau de défendre le projet
- Indépendance des 3 associations permet d’assurer la pérennité du projet
- Création de liens très forts entre les propriétaires, les porteuses de projet et les bénévoles de Terre de Liens
- Echelle locale et implication des bénévoles permet de faire avancer les choses plus rapidement
- Besoin de l’accord systématique de la foncière Terre de Liens et de l’association des Ami·es lorsqu’elles veulent réaliser des travaux qui rajoute de la lourdeur administrative
- Surface des terres pas suffisante, en particulier pour les cultures de céréales
- Apports avec des montants importants ce qui est stressant
- Prix du bâti trop élevé, bâtiments trop délabrés et donc coût des travaux important
- Parfois désaccords et visions politiques différentes entre les porteuses de projet et les bénévoles de Terre de Liens
- En plus du rôle prépondérant de l’association Terre de Liens, 3 autres associations ont été créées avec celles des Ami·es pour acheter le bâti, celle de la “ferme de Rosière” pour gérer toutes les activités quotidiennes et même “l’Atelier-dépôt” qui est un atelier mobile pour faire de la transformation végétale.
- Au delà du Gaec des deux boulangères paysannes pour la culture de céréales et la transformation de farine, pains et pizzas, 2 maraîchères ont rejoint le projet en créant une EI.
- Des chantiers collectifs ont permis de réaliser les aménagements nécessaires au développement de leurs activités, notamment pour la mise en place du fournil et pour restaurer la toiture. Elles ont aussi construit un forage et un bassin. Ainsi, plusieurs associations cohabitent sur la ferme et organisent des activités collectives.
- Les 4 paysannes ont trouvé diverses sources de financement pour les travaux de la toiture (subventions européennes, campagne de dons HelloAsso, emprunts, le Gaec..).
- En plus de ces activités, elles organisent régulièrement des évènements festifs ou encore des soirées de soutien pour permettre des moments collectifs.
- D’ici 2025, se rassembler toutes les 4 dans un même GAEC
- Commercialiser localement mais que ça soit accessible pour le plus de personnes possible
- Diluer les apports pour faciliter le renouvellement en augmentant le nombre d’associés
- Objectif lointain que Terre de Liens finisse par acheter le bâti
- Faire de la ferme un outil de travail décapitalisé et la transmettre à d’autres paysans lorsqu’elles changeront d’activité
Complémentarité entre Terre de liens, propriétaire des terres, l'association les Ami·es de la ferme de Rosière qui est propriétaire du bâti et l'association gestionnaire de la ferme de Rosière.
Cette IFAC est complémentaire avec la Foncière Terre de Liens puisque cette dernière a acheté les 16 hectares de terres agricoles et leur loue. De plus, plusieurs bénévoles Terre de Liens sont fortement impliqués dans l'Association des Ami·es de la ferme de Rosière, notamment Michel Forgue qui est le président de l'association.